1 - EDITORIAL

Par Louis Dominique Bayle

Vers une solution raisonnée et raisonnable.

Alors que nous venions de boucler notre numéro 77 du Règne Minéral, deux regrettables accidents se sont produits en France, suscitant une vive émotion dans le monde des amateurs de minéraux. Le premier accident a eu lieu dans l’une des mines du Tarn, il s’agit d’une personne âgée qui a franchi un réseau de barbelés limitant un puits abandonné, glissant et faisant une chute mortelle. Cette personne n’était semble-t-il pas un “ramasseur de cailloux” mais juste un curieux qui a payé de sa vie une imprudence en voulant franchir une barrière de protection, c’est-à-dire un signalement qui était là pour l’avertir du danger. Le second accident concerne l’une de nos fidèles abonnées. Lors d’une prospection dans une ancienne mine d’Ardèche, celle-ci s’est retrouvée piégée dans un éboulement. Malgré l’aide de ses deux compagnons et l’arrivée des secours, elle est décédée à cause de ses blessures.

Ces deux accidents, survenus à quelques jours d’intervalle, sont cependant rarissimes, le dernier précédent recensé s’étant produit il y a une vingtaine d’années ! Les familles se sont montrées très responsables en n’engageant aucune poursuite ni contre les propriétaires du terrain, ni contre les compagnons de la seconde victime. Ce comportement digne prouve bien qu’en France, nous ne saisissons pas la justice pour un oui ou pour un non, contrairement à la société civile procédurière d’Outre-Atlantique.

Par contre, la Drire et les instances qui sont chargées du rebouchage des mines accélèrent depuis le mois de septembre 2007 les programmes de fermeture suite à ces deux événements. Il semble même, selon nos sources, que certains “parachutes” se soient ouverts très rapidement car certaines personnes auraient peur des éventuelles plaintes qui pourraient être déposées par les familles contre ces instances.

Nous ne le répéterons jamais assez, le risque zéro n’existe pas et tout incident ou accident est regrettable. “La montagne a encore tué“ comme titre souvent la presse, avide de sensations mais aussi de tirage, car le malheur des uns attire la curiosité du commun des mortels et fait le bonheur des autres : ceux qui vendent du papier et de l’information. Ce n’est pourtant pas la montagne elle-même qui tue, ce sont l’imprudence et la méconnaissance du milieu fréquenté (stations de ski avec zones de hors-piste par exemple) qui provoquent de tels drames tout le long de l’année. L’Etat pourtant n’interdit pas la fréquentation des milieux d’altitude si touristiques... Aucun programme d’aplanissement des montagnes, de comblement de crevasses ou de mise en place de barricades n’est en cours.

Hors, actuellement un immense programme de rebouchage des sites miniers, en raison du sacro-saint risque zéro, est en pleine activité... Le “principe de précaution” a bon dos. Ce programme coûte cher à notre société c’est-à-dire aux contribuables que nous sommes. C’est aussi un formidable réservoir financier pour les sociétés privées, chargées de ces travaux ! La France est-elle si riche pour se permettre un programme tellement onéreux ? Alors que le cours des métaux est en pleine inflation dans le monde, en France on rebouche à tout va. Résultat : le jour où notre pays se retrouvera en position de relancer une activité minière suite à cette inflation, cette politique irréfléchie pourra une nouvelle fois coûter très cher.

Suite à ces deux regrettables événements, deux fonctionnaires zélés (un adjoint au directeur et un technicien supérieur de l’industrie et des mines) de la Drire de Limoges sont partis en croisade sans même l’aval ni l’accord de leur ministère de tutelle en pondant une lettre destinée aux associations de passionnés de minéraux de la région Limousin. La teneur de ce courrier est édifiante ! Déjà par le nombre de fautes d’orthographe mais surtout par son contenu : ces deux fonctionnaires demandent aux associations de leur faire une liste la plus complète possible des lieux de sortie passés, présents et à venir, afin de connaître et de recenser tous “ces lieux de perdition”. De plus, par cette circulaire visiblement établie dans la plus grande illégalité, ils interdisent aux associations contactées et à leurs membres l’accès à ces lieux sous peine de poursuites !

La Drire semble donc être incapable de faire son travail et charge les associations de ses basses besognes. Le régime de Vichy, spécialiste dans la propagande et la délation, serait-il de retour ? Ou s’agit-il de l’instauration d’une dictature régionale avec à sa tête, deux zélés serviteurs de l’Etat ? Le ministère de tutelle de ces deux fonctionnaires semble, selon nos sources, ne pas être informé de cette initiative isolée. Le limogeage ne serait-il pas à envisager dans ce cas précis ?

Afin de ne pas être inquiétés par des plaintes et des poursuites, l’Etat et les collectivités mettent donc actuellement en place des actions afin d’approcher au plus près ce fameux risque zéro et ceci à grands frais. Ne serait-il pas plus utile et tellement moins onéreux de légiférer en proposant une loi dans laquelle serait clairement rappelé le principe de propriété publique ou privée ? Rappeler que quiconque s’aventurant dans une propriété le fait à ses risques et périls et ne peut en aucun cas se retourner contre le propriétaire ? Cette loi permettrait ainsi aux élus locaux de ne pas toujours redouter un dépôt de plainte ou un recours en justice contre eux pour le moindre incident qui se produirait sur leur territoire. Car en cas d’incident ou d’accident, les “victimes” ou leur assurance se retournent systématiquement contre quelqu’un, soit pour gagner de l’argent, soit pour ne pas avoir à payer. Comme si notre société moderne était incapable d’assumer ses faits et gestes.

Afin de frapper les esprits, je vais vous citer un exemple concret : imaginez un cambrioleur qui s’introduit par effraction dans votre propriété, il dévaste votre demeure à la recherche d’un butin, mais de nuit, dans sa fuite, il fait une chute dans votre piscine qui n’est pas équipée d’un coûteux système de sécurité et décède donc par noyade. Sa veuve ou son assurance dépose une plainte contre vous, vous serez tenu responsable de son décès alors que vous êtes la victime des faits de cette personne. Etonnant non, ce monde à l’envers ? Imaginez donc le calvaire des élus locaux qui pour le moindre incident dans leur juridiction se trouvent mis en cause.

Une nouvelle loi abrogeant tous les décrets et lois inutiles doit être étudiée définitivement. Elle devra prévoir une responsabilisation de la personne pratiquant un sport, une activité de loisir, culturelle ou autre, dans un lieu public ou privé.

Le principe de précaution désignant toujours un responsable et cherchant le risque zéro, qui n’existe pas, doit enfin être levé.

Si nous souhaitons qu’un tel projet de loi puisse voir le jour, il est bon que nous fassions notre devoir de citoyen en alertant nos élus et nos ministres. La rédaction vous propose de devenir un acteur dans ce sens et vous autorise à photocopier les éditoriaux des Règne Minéral n° 72 - 77 - 78 et à les envoyer à vos élus (députés, sénateurs, conseillers généraux) mais aussi aux ministres concernés, dont voici les adresses :

 

Monsieur Jean-Louis BORLOO

Ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables

20, avenue de Ségur - 75302 Paris 07 SP

 

Madame Christine LAGARDE

Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi

19, rue de Bercy - 75572 Paris cedex 12

 

Madame Christine ALBANEL

Ministre de la Culture et de la Communication

3, rue de Valois - 75033 PARIS CEDEX 01 - Tél : 01 40 15 80 00

 

Madame Valérie PECRESSE

Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

1, rue Descartes - 75005 Paris - Tél : 01 55 50 10 10

 

Joignez-y un courrier motivant votre démarche, en interpellant nos élus, nous les sensibiliserons. N’oublions pas qu’ils sont élus par les citoyens que nous sommes et par ce fait, au service de leurs électeurs. En les alertant et en leur donnant des pistes, ils seront certainement plus conscients des problèmes qui existent. La politique politicienne et de salon doit cesser et l’écoute du peuple et de ses problèmes doit redevenir la priorité de l’Etat et de ses serviteurs. Ne serait-ce pas là même les bases de la démocratie ? Responsabilisons-nous en étant des citoyens avertis et responsables !

 

 

2 - LA CELESTINE, UN SULFATE DE STRONTIUM ORTHORHOMBIQUE

Par Roger De ASCENÇÃO GUEDES

Comme la couleur du ciel, tel est le nom de ce sulfate de strontium anhydre. Une espèce minérale très commune sur Terre et parfois localement très abondante, mais dont les belles cristallisations se font pourtant désirer. D’innombrables occurrences existent à travers le monde et les petites cristallisations font le bonheur des micromonteurs en raison des associations minérales liées à ces divers contextes géologiques mais aussi parce que les cristaux montrent souvent de curieux habitus ou des surcroissances excentriques. En ce qui concerne les très bons échantillons dits de vitrine, nous signalons d’autres localités classiques ou gisements moins connus voire plus récents. En France, des localités ont fourni ou livrent encore de temps à autres des cristallisations nettes, bien définies et de taille intéressante pour la collection…

 

 3 - HISTOIRE DE LA CELESTINE D’OPPEDETTE, ALPES-DE-HAUTE-PROVENCE

Par Michel LELONG

Les années 1970 étaient minéralogiquement exceptionnelles. Mais, après avoir émis ce postulat, il faut convenir que le principal argument qui permet d’affirmer ceci, c’est que nous avions 30 ans de moins. Plus sérieusement, il faut se souvenir que la recherche sur le terrain était quand même plus facile, et, il faut aussi constater que les bourses de l’époque étaient souvent le lieu pour la vente et les échanges. Cette mixité facilitait la circulation des informations et la connaissance de nouveaux sites. Pour illustrer ceci, je vais vous exposer comment j’ai eu accès au gisement de célestine d’Oppédette situé à la limite des Alpes-de-Haute-Provence et du Vaucluse…

 4 - LE MUSEE HENRI-LECOQ :

UN MUSEUM D’HISTOIRE NATURELLE A CLERMONT-FERRAND (PUY-DE-DOME)

Par Roger De ASCENÇÃO GUEDES

De nouvelles salles d'expositions permanentes ont été inaugurées le jeudi 4 octobre 2007 au deuxième étage du Muséum d'Histoire naturelle de Clermont-Ferrand, connu également sous le nom de "Musée Henri-Lecoq". Le Règne Minéral était évidemment présent à cet événement. L'ancien hôtel particulier d’Henri Lecoq, pharmacien, homme d’affaires et naturaliste, sert aujourd’hui de cadre au muséum, pour évoquer l'histoire des sciences, qu’il s’agisse de géologie, minéralogie, paléontologie, botanique et zoologie…

 

 5 – ECHOS DE LA MINÉRALOGIE FRANÇAISE :

 

Salons de Grenoble (Isère) et Lyon (Rhône).

 

L’aigue-marine de Beauchaud (Puy-de-Dôme)

Par Philippe ANDRE

Le 21 avril 2007, des échantillons remarquables de béryl ont été trouvés dans la montagne de Montorsier, sur la célèbre pegmatite de Beauchaud (voir Plagne, G. et Plagne, R. (2002) - La pegmatite de Beauchaud, massif du Forez, Puy-de-Dôme, le Règne Minéral n°45), lors d’une excursion minéralogique organisée par le Club d’Issoire pour l’Association minéralogique Arbresle-Chessy…

   

La fluorite des Meix (Vosges)

Par Roland STEIN et Thierry BRUNSPERGER

Les travaux de la nouvelle route nationale RN66 ont permis récemment de mettre évidence des plans de failles minéralisés en fluorite, calcite, hématite et quartz, près d’un giratoire devant desservir le hameau des Meix. De multiples recherches ont été effectuées par des amateurs de l’Association de Rosenau entre décembre 2006 et septembre 2007 …

 

 

 

 6 – France :  FICHE GÎTES MINÉRAUX N°108 : L’ANDALOUSITE DES SALLES (MORBIHAN)

par Daniel GOL

 

 

 7 - MUNICH 2007

Par Roger De ASCENÇÃO GUEDES et Louis-Dominique BAYLE

La 44ème foire internationale de Munich a retrouvé ses halls A4 à A6 , où se sont retrouvés plus de 1000 exposants. La minéralogie proprement dite se voyait en majorité dans deux de ces immenses temples d’acier et de verre. On y a plus clairement dessiné les contours d’un "Carré alpin" dédié aux Cristalliers des Alpes (mais aussi du Népal) où une exposition prenait place dans le centre de ce dispositif : cette année la région du Trentin en Italie, c’est-à-dire la haute vallée de l’Adige, était à l’honneur. N’oublions pas les incontournables "showcases" où chacun peut y exposer ses découvertes récentes ou bien proposer un thème issu de sa collection, que l’on soit un simple amateur ou bien une institution prestigieuse. Il nous semble que les exposants ont été regroupés par nationalité notamment autour du Carré alpin où nous avions l’impression de passer d’un quartier russe à un quartier italien puis marocain. L’idée de voyager dans les allées comme l’on visite plusieurs pays d’affilée aurait-elle germé dans l’esprit des organisateurs ? Quant à l’exposition dite de prestige, elle était consacrée cette année à la minéralogie himalayenne à travers le Pakistan, l’Afghanistan et le Népal, comme nous vous l’annoncions dans notre précédent numéro. En tous les cas, tout ce petit monde était servi à la même enseigne : les halls étaient tous non-fumeurs et l’Euro valait 1,4 dollar…

 
                    

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mardi 20 juillet 2010 15:45:42