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Vers une solution raisonnée et raisonnable.
Alors que nous venions de boucler notre numéro 77 du Règne
Minéral, deux regrettables accidents se sont produits en
France, suscitant une vive émotion dans le monde des
amateurs de minéraux. Le premier accident a eu lieu dans
l’une des mines du Tarn, il s’agit d’une personne âgée
qui a franchi un réseau de barbelés limitant un puits
abandonné, glissant et faisant une chute mortelle. Cette
personne n’était semble-t-il pas un “ramasseur de
cailloux” mais juste un curieux qui a payé de sa vie une
imprudence en voulant franchir une barrière de
protection, c’est-à-dire un signalement qui était là
pour l’avertir du danger. Le second accident concerne
l’une de nos fidèles abonnées. Lors d’une prospection
dans une ancienne mine d’Ardèche, celle-ci s’est
retrouvée piégée dans un éboulement. Malgré l’aide de
ses deux compagnons et l’arrivée des secours, elle est
décédée à cause de ses blessures.
Ces deux accidents,
survenus à quelques jours d’intervalle, sont cependant
rarissimes, le dernier précédent recensé s’étant produit
il y a une vingtaine d’années ! Les familles se sont
montrées très responsables en n’engageant aucune
poursuite ni contre les propriétaires du terrain, ni
contre les compagnons de la seconde victime. Ce
comportement digne prouve bien qu’en France, nous ne
saisissons pas la justice pour un oui ou pour un non,
contrairement à la société civile procédurière
d’Outre-Atlantique.
Par contre, la Drire et les
instances qui sont chargées du rebouchage des mines
accélèrent depuis le mois de septembre 2007 les
programmes de fermeture suite à ces deux événements. Il
semble même, selon nos sources, que certains
“parachutes” se soient ouverts très rapidement car
certaines personnes auraient peur des éventuelles
plaintes qui pourraient être déposées par les familles
contre ces instances.
Nous ne le répéterons jamais
assez, le risque zéro n’existe pas et tout incident ou
accident est regrettable. “La montagne a encore tué“
comme titre souvent la presse, avide de sensations mais
aussi de tirage, car le malheur des uns attire la
curiosité du commun des mortels et fait le bonheur des
autres : ceux qui vendent du papier et de l’information.
Ce n’est pourtant pas la montagne elle-même qui tue, ce
sont l’imprudence et la méconnaissance du milieu
fréquenté (stations de ski avec zones de hors-piste par
exemple) qui provoquent de tels drames tout le long de
l’année. L’Etat pourtant n’interdit pas la fréquentation
des milieux d’altitude si touristiques... Aucun
programme d’aplanissement des montagnes, de comblement
de crevasses ou de mise en place de barricades n’est en
cours.
Hors, actuellement un immense programme de
rebouchage des sites miniers, en raison du sacro-saint
risque zéro, est en pleine activité... Le “principe de
précaution” a bon dos. Ce programme coûte cher à notre
société c’est-à-dire aux contribuables que nous sommes.
C’est aussi un formidable réservoir financier pour les
sociétés privées, chargées de ces travaux ! La France
est-elle si riche pour se permettre un programme
tellement onéreux ? Alors que le cours des métaux est en
pleine inflation dans le monde, en France on rebouche à
tout va. Résultat : le jour où notre pays se retrouvera
en position de relancer une activité minière suite à
cette inflation, cette politique irréfléchie pourra une
nouvelle fois coûter très cher.
Suite à ces deux
regrettables événements, deux fonctionnaires zélés (un
adjoint au directeur et un technicien supérieur de
l’industrie et des mines) de la Drire de Limoges sont
partis en croisade sans même l’aval ni l’accord de leur
ministère de tutelle en pondant une lettre destinée aux
associations de passionnés de minéraux de la région
Limousin. La teneur de ce courrier est édifiante ! Déjà
par le nombre de fautes d’orthographe mais surtout par
son contenu : ces deux fonctionnaires demandent aux
associations de leur faire une liste la plus complète
possible des lieux de sortie passés, présents et à
venir, afin de connaître et de recenser tous “ces lieux
de perdition”. De plus, par cette circulaire visiblement
établie dans la plus grande illégalité, ils interdisent
aux associations contactées et à leurs membres l’accès à
ces lieux sous peine de poursuites !
La Drire semble
donc être incapable de faire son travail et charge les
associations de ses basses besognes. Le régime de Vichy,
spécialiste dans la propagande et la délation, serait-il
de retour ? Ou s’agit-il de l’instauration d’une
dictature régionale avec à sa tête, deux zélés
serviteurs de l’Etat ? Le ministère de tutelle de ces
deux fonctionnaires semble, selon nos sources, ne pas
être informé de cette initiative isolée. Le limogeage ne
serait-il pas à envisager dans ce cas précis ?
Afin de
ne pas être inquiétés par des plaintes et des
poursuites, l’Etat et les collectivités mettent donc
actuellement en place des actions afin d’approcher au
plus près ce fameux risque zéro et ceci à grands frais.
Ne serait-il pas plus utile et tellement moins onéreux
de légiférer en proposant une loi dans laquelle serait
clairement rappelé le principe de propriété publique ou
privée ? Rappeler que quiconque s’aventurant dans une
propriété le fait à ses risques et périls et ne peut en
aucun cas se retourner contre le propriétaire ? Cette
loi permettrait ainsi aux élus locaux de ne pas toujours
redouter un dépôt de plainte ou un recours en justice
contre eux pour le moindre incident qui se produirait
sur leur territoire. Car en cas d’incident ou
d’accident, les “victimes” ou leur assurance se
retournent systématiquement contre quelqu’un, soit pour
gagner de l’argent, soit pour ne pas avoir à payer.
Comme si notre société moderne était incapable d’assumer
ses faits et gestes.
Afin de frapper les esprits, je
vais vous citer un exemple concret : imaginez un
cambrioleur qui s’introduit par effraction dans votre
propriété, il dévaste votre demeure à la recherche d’un
butin, mais de nuit, dans sa fuite, il fait une chute
dans votre piscine qui n’est pas équipée d’un coûteux
système de sécurité et décède donc par noyade. Sa veuve
ou son assurance dépose une plainte contre vous, vous
serez tenu responsable de son décès alors que vous êtes
la victime des faits de cette personne. Etonnant non, ce
monde à l’envers ? Imaginez donc le calvaire des élus
locaux qui pour le moindre incident dans leur
juridiction se trouvent mis en cause.
Une nouvelle loi
abrogeant tous les décrets et lois inutiles doit être
étudiée définitivement. Elle devra prévoir une
responsabilisation de la personne pratiquant un sport,
une activité de loisir, culturelle ou autre, dans un
lieu public ou privé.
Le principe de précaution
désignant toujours un responsable et cherchant le risque
zéro, qui n’existe pas, doit enfin être levé.
Si nous souhaitons qu’un tel projet de loi puisse voir le
jour, il est bon que nous fassions notre devoir de
citoyen en alertant nos élus et nos ministres. La
rédaction vous propose de devenir un acteur dans ce sens
et vous autorise à photocopier les éditoriaux des Règne
Minéral n° 72 - 77 - 78 et à les envoyer à vos élus
(députés, sénateurs, conseillers généraux) mais aussi
aux ministres concernés, dont voici les adresses :
Monsieur Jean-Louis BORLOO
Ministre de l’Ecologie, du Développement et de
l’Aménagement durables
20,
avenue de Ségur - 75302 Paris 07 SP
Madame Christine LAGARDE
Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi
19,
rue de Bercy - 75572 Paris cedex 12
Madame Christine ALBANEL
Ministre de la Culture et de la Communication
3,
rue de Valois - 75033 PARIS CEDEX 01 - Tél : 01 40 15 80
00
Madame Valérie PECRESSE
Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
1,
rue Descartes - 75005 Paris - Tél : 01 55 50 10 10
Joignez-y un courrier motivant votre démarche, en
interpellant nos élus, nous les sensibiliserons.
N’oublions pas qu’ils sont élus par les citoyens que
nous sommes et par ce fait, au service de leurs
électeurs. En les alertant et en leur donnant des
pistes, ils seront certainement plus conscients des
problèmes qui existent. La politique politicienne et de
salon doit cesser et l’écoute du peuple et de ses
problèmes doit redevenir la priorité de l’Etat et de ses
serviteurs. Ne serait-ce pas là même les bases de la
démocratie ? Responsabilisons-nous en étant des citoyens
avertis et responsables !
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